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Avant la révolution
Au XVIII ème siècle, Jean Janton, l'un des
tisserands de Nanteuil, exerçait la fonction
de maître d'école. Seulement, quelques enfants du pays,
les moins pauvres, pouvaient
se rendre à son atelier. D'ailleurs, il se souciait plus
de ses offices à l'église que de sa tâche scolaire.
Comme
la plupart de ses collègues, artisans des villages voisins,
il devait accompagner le curé dans l'administration des sacrements.
Chaque dimanche, le maître d'école, muni d'une sorte
de burette d'étain remplie d'eau bénite et d'un goupillon,
se rendait de grand matin chez ses voisins les plus proches pour
bénir les demeures entières.
Il est fort probable que Jean Janton se
limitait à enseigner des rudiments de catéchisme, des prières
et des cantiques.
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Sous la loi Guizot
Au lendemain de la Révolution, à Nanteuil,
plus qu'ailleurs, les questions scolaires prirent le pas sur
toutes les autres. Après un siècle d'interdictions
et de poursuites religieuses, de la Révocation de
l'Edit de Nantes en 1685 à l'Edit de Tolérance
en 1787, le nombre des enfants protestants d'âge
scolaire s'élevait de 150 à 160 soit le double
des enfants catholiques. Force fut donc au Corps Municipal
de décider le 10 juin 1827 la création d'une
Maison d'école.
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La construction s'éleva au seul point logique
où elle pouvait être, en bordure du Chemin des Closeaux,
actuellement rue Benjamin Brunet. Le bâtiment comprenait deux
salles de classes pour les enfants protestants.
L'école pour les enfants catholiques s'installa en 1825 dans
les dépendances du presbytère.
Alors vint la loi Guizot (28 juin 1833) qui obligeait
toute commune à entretenir une école. A Nanteuil,
il y en avait deux ! et de confession différente. Après
quelques escarmouches, l'administration préfectorale et l'administration
communale se mirent d'accord : les deux écoles prirent le
titre d'école communale et chaque maître qui les dirigeait
celui d'instituteur communal.
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Le ministre Guizot
désira des maîtres capables
Dans chaque commune, le maître qui devait posséder
le brevet élémentaire vit sa situation matérielle
relevée.
Il disposa d'un local convenable tant pour lui servir d'habitation
personnelle que pour recevoir ses élèves.
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La commune lui payait un traitement fixe annuel
de 200 francs, auquel s'ajoutait le produit "de l'écolage",
l'école était payante sauf pour les indigents.
Les élèves qui apprenaient à lire versaient
mensuellement 0,50 franc, ceux qui apprenaient à écrire
0,75 franc et ceux qui apprenaient le calcul et la grammaire 1,10
franc.
La plupart des maîtres introduisirent aussi l'enseignement
du chant, de la littérature, le modelage, et donnèrent
des notions d'agriculture et d'horticulture.
L'école était publique, mais
la fréquentation n'en était pas obligatoire ; elle n'était
pas gratuite, elle demeurait confessionnelle. Alors devaient survenir
cinquante ans plus tard, les lois organiques : l'uvre de Jules
Ferry qui voulait un état laïque.
Jules Ferry proclama les lois organiques de 1881-1882 d'une importance
capitale, qui décrétait l'obligation, la gratuité
et la laïcité scolaire. L'instruction civique fut désormais
enseignée à l'école.
A Nanteuil, si l'obligation et la gratuité
posaient des problèmes faciles à résoudre, la laïcité
levait une question d'une autre difficulté ! Etait-il pensable,
voire prudent, de réunir dans de mêmes locaux des enfants
vivant dans un climat d'hostilité séculaire ?
Aussi, ce n'est que 7 ans plus tard que le Conseil
Municipal, le 10 novembre 1889, décida de réunir
tous les garçons quelles que fussent leurs convictions, à
l'école communale protestante qui devint École
Communale et toutes les filles dans l'ancienne école
catholique qui devint École Communale Laïque.
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Mais il fut, une fois
de plus, question d'une indigence de locaux; pour y remédier,
une classe enfantine dite la petite asile et une école
de filles de deux classes furent construites dans le prolongement
de l'école de garçons en 1896 et en 1906.
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Depuis, dans la banlieue parisienne et proche de la cité industrielle
de Meaux, Nanteuil grandit vite. Les nouvelles écoles rue
du Docteur Oblin ouvrirent en octobre 1965 et continuèrent
à s'agrandir au fur et à mesure que la population de
Nanteuil-lès-Meaux augmentait. |