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En parcourant l' "Histoire anecdotique de
Nanteuil-lès-Meaux "
De Paul BAILLY
Il y a quarante cinq millions d'années, ici même
où nous vivons, la mer recouvrait tout le pays. Le temps
a fait son uvre, et, des instruments en silex prouvent que
les hommes ont vécu ou sont passés à Nanteuil-lès-Meaux,
voilà plus de 200000 ans.
Notre cité tire son nom de la racine celtique "nant",
la vallée. Lès, jadis " lez", signifie "près
de", près de la ville de Meaux. Au VIIème siècle,
un texte désigne notre localité sous le nom de Nantolialinsis.
Les romains y séjournèrent. Le Chemin de Crécy,
anciennement "Chemin des Gens d'Armes", séparant
Nanteuil de Mareuil rappelle la grande voie romaine ouverte par
Agrippa, lieutenant de César, pour rapporter d'Angleterre
l'étain, de Boulogne sur Mer à Rome.
Sur la place du Grand Val, une grande pierre, un menhir probablement,
voyait les anciens de la Commune trancher les différends
agraires. On l'appelait la "Pierre de science".
Nanteuil-lès-Meaux
voit, ensuite, son Histoire étroitement liée à
la Réforme. Entre 1570 et 1601, se construit le premier temple
en France, à Chermont "Capitale du protestantisme en
Brie". Il fut détruit à la Révocation
de l'Edit de Nantes (1685). Il fut reconstruit à l'emplacement
actuel en 1827 après que la messe et le culte aient été
célébrés sur le même autel de l'Eglise
Catholique.
Ceux de la "Religion Prétendue Réformée",
partirent au loin, en Brandebourg, particulièrement. Ceux
qui étaient restés se mariaient à Tournai en
Hollande, à 180 km, par le "chemin des gueux".
D'autres connurent les galères du Roi.
Huit ans après la promulgation de la Loi Jules Ferry sur
la laïcité, l'école réunit les enfants
des deux confessions, mais le passé ne s'effaçait
pas :
"On n'était pas plus haut qu'une botte, qu'on y prenait
part avec fougue dans les deux camps adverses. A chaque rentrée,
à chaque sortie, les élèves des deux écoles
concurrentes se ruaient les uns sur les autres, se visaient à
coup de fronde.
Des nez saignaient, des bosses naissaient, des vitres se brisaient,
les maisons fermaient précipitamment leurs volets ? Les mères,
aux abois, tentaient, parfois, de séparer les combattants
en herbe ? Ainsi, quatre fois par jour, la Guerre des Boutons multipliait
ses escarmouches sanglantes". Ainsi, racontaient les anciens.
Nanteuil aurait aussi vu naître un Roi. En 1550, lors d'un
de ses déplacements à Monceaux-lès-Meaux, résidence
royale, Catherine de Médicis fut prise de douleurs et mit
au monde le futur Charles IX, à la "Ferme de la Reine",
à l'emplacement du presbytère protestant actuel, aux
dires de la Tradition.
Nanteuil a aussi eu son château fort qui est rasé en
1590. La rue du Château évoque cette présence
et le blason de la ville rappelle ce domaine fortifié de
Bois le Comte des seigneurs Duboux.
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